La conjoncture dans le Grand Est vue par le CESER #14

16.07.2020

La conjoncture dans le Grand Est vue par le CESER #14

« Une crise qui en révèle d’autres »

Signalé pour la première fois en décembre 2019 dans la ville de Wuhan, le nouveau coronavirus, SARS-CoV-2, se répand rapidement, les premiers cas sont signalés en France dans l’Oise, puis dans le Grand Est, à la fin du mois de janvier 2020. Toutefois un cas aurait été signalé à l’hôpital de Colmar le 16 novembre 2019. Dès le mois de décembre, des entreprises de la région étaient déjà impactées par des difficultés d’approvisionnement de matériel venant de Chine.

La réaction en chaîne s’installe : le confinement imposé pour enrayer la pandémie met à l’arrêt l’économie, le taux d’utilisation des capacités de production s’effondre, son corollaire, l’emploi salarié, accuse une perte inédite et le commerce extérieur enregistre un net repli. C’est le fond du «décor» que dressent les trois premiers indicateurs.

Parallèlement, la crise sanitaire a rendu visible ce que nous avions fini par ne plus voir : notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur, des pans entiers de notre industrie délocalisés, un écosystème de santé fragilisé, un système hospitalier en difficulté, une pollution atmosphérique chronique, jusqu’à notre autonomie alimentaire… Cette crise a agi comme un implacable révélateur de nos faiblesses comme de nos forces.

 

Nombre de décès par jour en France (source INSEE)

Hausse de la mortalité liée au Coronavirus, plus importante encore dans le Grand Est. Le nombre de décès enregistré en France entre le 1er mars et le 30 avril 2020 est supérieur de 26% à celui de 2019 sur la même période. A partir du premier avril, le nombre de décès quotidiens est à la baisse, pour revenir à des tendances proches des années précédentes au début du mois de mai. Au niveau régional, l’Île-de-France est la région qui enregistre la plus forte augmentation du nombre de décès sur la période étudiée, avec +89% par rapport à 2019, suivent le Grand Est (+54%), les Hauts-de-France (+27%) et la Bourgogne-Franche-Comté (+25%). Si on considère l’échelle départementale, 14 départements enregistrent une augmentation des décès supérieure à 50% sur la période du 1er mars au 30 avril 2020 : il s’agit de l’ensemble des départements d’Île-de-France, de 4 départements du Grand Est (Bas-Rhin, Haut-Rhin, Moselle et Vosges), de l’Oise et du Doubs. Le Haut-Rhin présente la deuxième hausse la plus élevée, avec +116%, après la Seine-Saint-Denis (+123%). Le nombre de décès enregistré dans le Grand Est a diminué au cours de la première quinzaine d’avril, en partie parce que l’épidémie s’y est propagée plus tôt qu’au sein des autres régions.

 

Evolution du nombre de demandeurs d’emploi dans le Grand Est

(avril 2020, source Pôle Emploi et DIRECCTE)

Explosion du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A en mars et en avril : 3 ans de baisse réduite à néant. En deux mois, on recense 467 120 personnes inscrites en catégories A, B, et C à Pôle Emploi dans la région Grand Est en avril 2020, soit 30 000 de plus en seulement 2 mois (fin des CDD, des missions intérimaires, suspensions des formations). On assiste à un basculement colossal vers la catégorie A (+ 80 000 en deux mois), les catégories B et C se rétractant largement (- 50 000). L’ensemble des départements du Grand Est est touché par ce brusque retournement de situation, les hommes un peu plus que les femmes. Les jeunes sont particulièrement impactés, avec une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans de 11,8% sur un trimestre. Les plus de 50 ans subissent une augmentation de 3,5%. Les tendances observées dans la région sont similaires à l’échelon national.

 

 

 

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