
La séance plénière du 2 avril du CESER Grand Est s’est ouverte sur une réflexion de fond quant à l’avenir des assemblées consultatives régionales et, plus largement, sur les équilibres démocratiques qui structurent notre vie publique. Alors qu’un projet de loi pourrait remettre en cause le caractère obligatoire des CESER, c’est bien la place du dialogue entre société civile organisée et décideurs publics qui se trouve interrogée.
Face à ces enjeux, les travaux adoptés lors de cette séance témoignent de la vitalité et de l’utilité de la seconde assemblée régionale. Par la diversité des sujets abordés, de l’économie de proximité à la coopération transfrontalière, de l’industrie aux enjeux de l’eau, de l’aménagement du territoire à la culture, le CESER réaffirme sa capacité à éclairer l’action publique par une expertise collective, ancrée dans les réalités des territoires.
Plus que jamais, ces rapports et avis illustrent une conviction forte : renforcer les espaces de délibération, c’est consolider une démocratie plus ouverte, plus lisible et plus partagée.
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Avis votés
Avis Économie de proximité : vivre ou survivre ? L’heure des choix
Dans la continuité de ses travaux sur les ruralités, le CESER Grand Est s’est penché sur le rôle stratégique de l’économie de proximité, en lien étroit avec l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) suite à une saisine du président du Conseil régional. Représentant près d’un quart des emplois régionaux, cette économie, ancrée dans les besoins locaux, constitue un levier essentiel de vitalité économique, de lien social et d’attractivité des territoires ruraux.
Au-delà des approches sectorielles, le CESER appelle à dépasser les cloisonnements entre économie classique et ESS pour favoriser les coopérations et renforcer l’efficacité de l’action publique. Face aux défis démographiques et économiques que connaissent certains territoires, il formule des propositions concrètes pour soutenir les acteurs, encourager les dynamiques collectives et adapter les politiques régionales aux réalités locales.
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Avis Les structures transfrontalières du Grand Est : répondre aux réalités des bassins de vie transfrontaliers
Saisi par le Président du Conseil régional, le CESER Grand Est a consacré un avis aux structures transfrontalières, au cœur des dynamiques de vie et d’emploi dans la région. Dans un territoire marqué par l’intensité des échanges avec les pays voisins, la coopération transfrontalière apparaît comme un levier essentiel pour répondre aux réalités quotidiennes des habitants et renforcer l’intégration européenne à l’échelle locale.
Face à un paysage institutionnel dense et construit progressivement, le CESER souligne la nécessité de mieux structurer l’action publique, en clarifiant les rôles, en renforçant la gouvernance multi niveaux et en optimisant l’utilisation des financements. À travers ses préconisations, il plaide pour une coopération plus lisible, plus efficace et davantage tournée vers les citoyens.
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Avis Préserver la qualité de l’eau, un enjeu vital
Face à la dégradation préoccupante de la qualité de l’eau, le CESER Grand Est consacre un avis à cet enjeu vital, au croisement des questions sanitaires, environnementales et économiques. Si la région bénéficie d’une ressource abondante, souvent qualifiée de « château d’eau », celle-ci est aujourd’hui fragilisée par des pollutions multiples et persistantes, qui menacent à la fois la santé humaine et les équilibres du vivant.
Dans la continuité de ses précédents travaux, le CESER dresse un état des lieux exigeant et alerte sur la nécessité d’agir face à des pressions croissantes, accentuées par le changement climatique. Il formule des préconisations structurées autour des compétences régionales, visant à renforcer la prévention, protéger durablement la ressource et mobiliser l’ensemble des acteurs. Plus que jamais, la préservation de l’eau appelle une action collective et coordonnée.
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Avis Former, rechercher et innover pour une renaissance industrielle au plus près des territoires
À travers cette autosaisine, le CESER Grand Est explore les conditions d’une renaissance industrielle ancrée dans les territoires, en mettant l’accent sur trois leviers déterminants : la formation, la recherche et l’innovation. Dans un contexte de profondes mutations économiques et environnementales, l’enjeu est de concilier performance, transition écologique et dimension humaine, notamment face au défi majeur de la décarbonation des activités industrielles.
Les travaux du CESER soulignent la nécessité d’agir de manière coordonnée pour adapter les compétences, renforcer les coopérations entre acteurs et améliorer la lisibilité des politiques publiques. À travers ses préconisations, il esquisse les contours d’un modèle industriel renouvelé, plus durable, plus attractif et mieux articulé aux besoins des territoires et des citoyens.
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Avis Quelle transition foncière pour aller vers des territoires habitables et désirables dans le Grand Est ?
Dans la continuité de ses travaux sur l’aménagement du territoire, le CESER Grand Est consacre un avis à la sobriété foncière, en l’abordant comme un levier essentiel pour concilier préservation des sols et attractivité des territoires. Face aux contrastes marqués entre zones dynamiques et territoires en déprise, la gestion du foncier apparaît comme un enjeu structurant pour répondre aux besoins en habitat, en services et en qualité de vie.
À partir d’un travail de terrain et d’échanges avec les acteurs locaux, le CESER met en lumière trois défis majeurs : l’attractivité, l’habitat et l’acceptabilité sociale. Il propose ainsi des orientations visant à accompagner les collectivités dans une transition foncière équilibrée, fondée sur l’innovation, la participation citoyenne et une approche adaptée aux réalités des bassins de vie.
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Avis Un nouveau souffle pour le spectacle vivant en Grand Est
À travers cet avis, le CESER Grand Est met en lumière le rôle essentiel du spectacle vivant dans la vitalité culturelle, sociale et territoriale de la région. Héritier d’une histoire riche et porté par un écosystème dense, ce secteur constitue un levier majeur d’attractivité et de cohésion, au plus près des habitants.
Cependant, derrière cette dynamique, le CESER souligne des fragilités croissantes, liées notamment aux tensions financières, à la précarité des acteurs et aux inégalités territoriales. Face à ces défis, il appelle à renforcer les soutiens, à encourager les coopérations et à accompagner les transformations en cours. Plus largement, cet avis réaffirme une conviction forte : le spectacle vivant, en tant que bien commun, est un pilier indispensable de la démocratie et du lien social.
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Motions adoptées
Motion sur la gouvernance de l’eau
Face aux évolutions envisagées dans la gouvernance de l’eau, le CESER Grand Est alerte sur les risques d’un affaiblissement de la représentation des acteurs au sein des comités de bassin. Il rappelle l’importance de ces instances, piliers d’une gestion concertée et territorialisée de la ressource. Le CESER appelle au maintien de leur équilibre, au renforcement des agences de l’eau et à une plus grande décentralisation. Il réaffirme également sa volonté d’y prendre pleinement part, au service d’une gestion durable, équitable et démocratique de l’eau.
Motion Le dialogue avec la société civile organisée : une exigence démocratique au service de la cohésion régionale
Alors qu’un texte parlementaire envisage de rendre facultative l’existence des CESER, le CESER Grand Est alerte sur les conséquences d’une telle évolution pour la démocratie régionale. Il rappelle le rôle essentiel de cette instance dans le dialogue entre société civile organisée et décideurs publics, au service de politiques mieux éclairées et partagées.
Au-delà de sa mission consultative, le CESER contribue à la cohésion du Grand Est en favorisant la concertation, la compréhension des enjeux territoriaux et l’expression du pluralisme. Face aux défis démocratiques actuels, il réaffirme la nécessité de préserver et renforcer ces espaces de dialogue, garants d’une démocratie vivante et équilibrée.